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Michel Martelly est Michel Martelly. Un iconoclaste. Un anticonformiste. Sa carrière, c’est toute une carrière.
L’interdit est son monde aphrodisiaque. Son paradis. Le monde des choses permises, son cauchemar. Son enfer. La déraison comme raison. Le pays qui a fait de lui un président de la République en est plus que conscient. Il ne  nous est pas tombé du ciel. Il n’est pas non plus une fabrication de Washington ni des Nations unies. C’est un pur produit d’Haïti.

Des électeurs cyniques imposent à une société cynique un chef qui fait l’éloge de son cynisme. Purgatoire. Dérives.

Dans le sillage d’une incartade puérile et indigne au Palais national, entre deux autorités de l’État, l’un président, l’autre député, une crise d’État. Au terme d’un vide gouvernemental long de cinq mois, une crise de l’autorité qui risque d’embrayer, à nouveau, notre pays dans l’incertain. Pour longtemps.

Si Michel Martelly reste l’impétueux et l’imprévisible Michel Martelly auquel nous sommes habitués, et que le Parlement demeure ce parlement insensé, veule et pervers que nous connaissons, Haïti est bien partie pour de nouveaux gâchis. Des gâchis dus à une élite politique managériale incivique, incompétente et immature.

Il faudra beaucoup de dépassement de soi. De grandeur de part et d’autre. Au nom de notre pays souffrant et à genoux. En fait, au lieu d’attiser l’animosité entre ces chefs de clans belligérants à l’ego hypertrophié, tout patriote devrait plutôt convier nos responsables irresponsables à plus de mansuétude envers ce pays qu’ils avaient juré de servir avec dévouement, intégrité et dans la légalité républicaine.

Au bout du compte, Haïti est comme prise en otage par des hommes haut placés, plus promoteurs de crises qu’agents de développement. La vérité est que Martelly n’a rien à perdre dans l’échec de son mandat. Il a déjà tout gagné en devenant président. Il le dit et le répète sans cesse. Il a raison. D’un simple chanteur controversé au titre de chef de l’État, tout un renversement des mondes. Tout un couronnement. Arnel Bélizaire est en droit de dire autant. D’ombrageux activiste violent et d’affairiste dit interlope à la fonction de député du peuple, il faut le faire.

Toute une intronisation. Un autre couronnement qui serait improbable dans une tout autre Haïti. Entre les deux hommes, il n’y a qu’Haïti qui attende encore de voir ses rêves improbables se concrétiser. Surtout le rêve de devenir, enfin,  un pays.

Ô rage ! Ô désespoir ! Des parlementaires impuissants et légitimement outragés, suite à l’arrestation du député Arnel Bélizaire, crient à la dictature. Ils dénoncent le viol de la Constitution qui, en son article 114, garantit l’inviolabilité de la fonction de parlementaire. Évidemment, la Constitution, du point de vue de la forme, est du côté de M. Bélizaire dans cette affaire. Pour troublant et compromettant que puisse être le passé de ce contre-modèle de citoyen. Si le pouvoir de Martelly se croit encore lié par les lois de la République et que nous ne vivions sous un régime d’apprentis dictateurs, la libération du député de la circonscription de Tabarre-Delmas est une affaire de minute.

Sans aucune autre forme de procès. La Justice et les impatients du Palais national devront, forcément, attendre la rentrée parlementaire de janvier 2012. C’est à ce moment seulement, et une fois que la Chambre des députés aura donné suite à la demande de levée de l’immunité du parlementaire Bélizaire, que la question de l’arrestation ou pas de ce dernier pourra se poser en toute légalité.  En dehors de cette procédure, tout est arbitraire, justice d’exception, donc tyrannie.

Périssent dix mille gouvernements et députés, plutôt qu’un principe constitutionnel. La solidarité citoyenne se range, ici, aux côtés de la loi. Non point derrière un individu, qu’il se nomme ou pas Arnel Bélizaire. Même s’il n’aurait pas dû se retrouver au Parlement en train de délibérer sur la marche de la nation. Cette crise nous renseigne assez sur la morale de nos élus et sur leur rectitude. Ce sont ces parlementaires qui ont ouvert la voie à l’action arbitraire des autorités judiciaires contre leur collègue. Si dictature il y a, comme ils le proclament, ils en sont les complices, les auteurs intellectuels et matériels. Ils ont été les premiers à bafouer la Constitution dans le processus de ratification des premiers ministres désignés par M. Martelly. De Daniel Rouzier, Bernard Gousse à Garry Conille. Dans tous ces cas, ils ont eu l’outrecuidance de dire que la Constitution n’importait pas dans leur vote. Et comme de fait, ils l’ont piétinée et violée à chaque fois pour satisfaire leur appétit de pouvoir, défendre leurs poches et leurs clans.

Entre Michel Martelly et le Parlement, la loi est l’abonnée absente. D’où les dérives. Et cette arrestation illégale suivie de la libération désordonnée du député  Bélizaire.

D.V.

  1. troypaul a reblogué ce billet depuis koolodo et a ajouté :
    Tres beau article, très bon analyse :) verite sou tanbou
  2. koolodo a publié ce billet